Entorse de la cheville ou du genou : quand le médecin, quand le rebouteux
Par Dominique Züger · 14 octobre 2026 · lecture 6 min
L’essentiel
- Pied déformé, appui impossible, cheville très gonflée : le médecin d’abord, et le 144 si la cheville est déboîtée ou ouverte.
- Une entorse ne se remet pas en place : le ligament cicatrise. Magnétisme sans contact d’abord, travail manuel quand le gonflement a baissé.
- Neuf entorses sur dix évoluent bien en une à huit semaines ; je reçois surtout les chevilles qui restent raides, enflées ou instables.
Un pied qui se tord sur un sentier du Moléson, une réception ratée au basket, une marche manquée dans l’escalier. L’entorse arrive en une seconde, et en Gruyère, le réflexe est ancien : on va « chez le rebouteux », pour faire remettre en place. Beaucoup cherchent encore un rebouteux pour une entorse de la cheville ou du genou, parfois le soir même de l’accident.
Ce réflexe mérite une précision. Une entorse n’est pas un os déplacé qu’il suffirait de remettre : c’est un ligament étiré, parfois déchiré, et elle cache parfois une fracture. Le diagnostic vient donc d’abord. Ensuite, le reboutage, le massage et le magnétisme ont une vraie place, surtout quand la cheville tarde à retrouver son aisance.
Je suis rebouteux, magnétiseur et masseur à Corbières, en Gruyère, à dix minutes de Bulle. Voici quand passer d’abord par le médecin, ce que vous pouvez faire les premiers jours, et ce que mon travail apporte ensuite.
Une entorse, qu’est-ce qui se passe vraiment ?
D’après Planète Santé, l’entorse de la cheville est une lésion des ligaments, le plus souvent après un mouvement du pied vers l’intérieur. Sa gravité va du simple étirement à la rupture des ligaments, et elle s’accompagne parfois d’une fracture d’un os de la cheville ou du pied. Les personnes actives de 15 à 40 ans sont les plus touchées.
La bonne nouvelle : neuf entorses sur dix évoluent bien, et les symptômes disparaissent en une à huit semaines selon la gravité. Pour une sur dix, les suites sont plus longues : douleurs qui persistent, cheville qui reste enflée ou instable, entorses à répétition. C’est souvent là qu’on me consulte.
D’abord le médecin, dans ces cas
Appelez le 144 si le pied est déformé, si la cheville semble déboîtée ou si la peau s’est ouverte. Consultez un médecin, en reprenant les repères de Planète Santé dans sa fiche « Je me suis tordu la cheville », si :
- vous avez de grosses difficultés à poser le pied par terre ;
- la cheville est très gonflée, la peau tendue, ou un hématome bleuté apparaît ;
- la douleur est toujours là 24 à 48 heures après l’accident malgré le repos, ou la cheville reste enflée après 48 heures ;
- le pied semble insensible ou endormi ;
- ce n’est pas la première entorse de l’année.
Pour le genou, un craquement, un gonflement rapide ou la sensation que le genou « lâche » demandent aussi un avis médical. Au ski, les ligaments croisés sont les plus exposés, comme l’explique Planète Santé dans un article sur les ligaments croisés du genou à l’épreuve du ski.
Les premiers jours : les bons gestes
Pour une entorse légère, Planète Santé recommande de la glace emballée dans un linge, jamais directement sur la peau, trois fois vingt minutes par jour pendant les deux premiers jours. Surélevez la jambe, mettez la cheville au repos et évitez d’y poser tout le poids du corps. Une bande élastique, une attelle ou des cannes peuvent être conseillées par le médecin selon la gravité.
Et surtout, ne laissez personne faire craquer une cheville qui vient de gonfler. Un ligament blessé a besoin de calme pour cicatriser, pas d’une manipulation.
Où le rebouteux a sa place
Une fois la fracture écartée, mon travail se fait en deux temps. Dans les premiers jours, quand la cheville est encore chaude et enflée, je ne la touche pas : le magnétisme se pratique sans contact, les mains à quelques centimètres de l’articulation, pour apaiser la douleur. Ce que les personnes décrivent, c’est une chaleur, une cheville qui « respire » mieux, et un pied qu’on ose de nouveau poser.
Quand le gonflement a baissé, le travail manuel prend le relais. Le reboutage et le massage relâchent ce qui s’est figé autour de la blessure : le mollet qui s’est crispé pour protéger la cheville, la voûte plantaire, le tendon d’Achille, que j’évoque aussi pour la tendinite. Et plus haut, le genou, la hanche et le dos qui ont compensé pendant des semaines de boiterie, au point qu’une entorse oubliée finit parfois en mal de dos persistant.
Mon travail ne remplace pas la physiothérapie. Pour éviter les récidives, Planète Santé recommande des séances prescrites par le médecin, avec des exercices d’équilibre qui rééduquent la proprioception, cette perception automatique de l’articulation qui permet de se rattraper. Les deux se complètent : la physiothérapie renforce, je relâche ce qui empêche le corps de retrouver sa confiance.
La vieille entorse qui ne passe pas
C’est la situation que je rencontre le plus souvent : une entorse d’il y a des mois, parfois des années, et une cheville qui n’a jamais été tout à fait la même. Elle gonfle le soir, se raidit au réveil, tourne trop facilement sur un terrain inégal, ou fait mal quand le temps change. On n’ose plus courir, plus randonner, plus skier comme avant.
Là, le corps a souvent gardé une posture de protection bien après la cicatrisation du ligament. Le travail consiste à défaire cette mémoire : relâcher les tensions qui verrouillent l’articulation, redonner du jeu à toute la chaîne, de la plante du pied jusqu’au bassin, et apaiser l’appréhension qui fait boiter sans qu’on s’en rende compte.
Questions fréquentes
Un rebouteux peut-il remettre une entorse en place ?
Non, parce qu’il n’y a rien à remettre : une entorse est un ligament étiré ou déchiré, qui doit cicatriser. Ce que le rebouteux peut faire, c’est apaiser la douleur, relâcher les muscles crispés autour et aider l’articulation à retrouver sa mobilité, une fois le diagnostic posé.
Combien de temps après l’entorse puis-je venir ?
Dès les premiers jours pour un travail magnétique, une fois qu’un médecin a écarté une fracture ou que les signes de gravité sont absents. Le travail manuel vient quand le gonflement a baissé. Pour une ancienne entorse, à tout moment.
Faut-il quand même faire de la physiothérapie ?
Oui, si elle vous est prescrite. La rééducation de l’équilibre est ce qui protège le mieux des récidives. Mes séances viennent en complément, jamais à la place.
Et pour une entorse du genou ou du poignet ?
Le principe est le même : diagnostic d’abord, puis travail en douceur autour de l’articulation. Un genou qui a lâché au ski, ou un poignet douloureux après une chute sur la main tendue, méritent toujours un examen médical avant toute séance.
Les séances sont-elles remboursées ?
Au cabinet, elles peuvent l’être : ma pratique est reconnue par les assurances complémentaires (ASCA, RME), selon votre contrat et le soin reçu. Vérifiez auprès de votre assureur avant la première séance. Les séances à distance ne sont pas prises en charge.
Si une entorse vous empêche encore de marcher, de courir ou de skier comme avant, parlons-en. Un premier échange de quinze minutes, offert et sans engagement, permet de voir si mon approche peut vous aider. Le cabinet est à Corbières, à dix minutes de Bulle, et à un quart d’heure de Charmey ou de Gruyères ; le déroulement d’une première séance est décrit pas à pas, et vous pouvez prendre rendez-vous dès maintenant.
Dominique Züger
Magnétiseur & rebouteux · Corbières, près de Bulle (Gruyère)
Je ne pose pas de diagnostic médical, ne prescris aucun traitement et ne remplace pas un suivi médical. Mon travail s’exerce en complémentarité : enlever les freins invisibles qui empêchent votre système de retrouver son équilibre naturel.